La technologie tient désormais les cordons de la Bourse

Posted by Amin on 30 septembre 2009 under [ Finance ] |

A peine deux ans après avoir investi 40 millions de Livres, la Bourse de Londres doit changer sa plateforme de trading. L’enjeu pour le LSE : mettre en place une plateforme plus performante que celles des places concurrentes sous peine de perdre son leadership.

Les cordons de la bourse

Les cordons de la bourse

Le 15 septembre dernier, Xavier Rolet, le nouveau directeur général de la Bourse de Londres, confirmait le rachat, pour 18 millions de livres, de l’éditeur Sri Lankais MilleniumIT, spécialisé dans les plates-formes logicielles boursières. Basée sur une technologie Linux, MilleniumIT deviendra, d’ici la fin 2010, la nouvelle plate-forme transactionnelle du LSE. Et Xavier Rolet ne cache pas son ambition de doter son organisation d’une technologie plus efficace pour faire face aux nouveaux défis du « trading haute fréquence ».

Quand les robots tiennent le marché

Synonyme de gros volumes de transactions quotidiens, le « trading haute fréquence » est pratiqué par des acteurs du secteur financier disposant d’importantes ressources, financières et informatiques, capables de se doter d’outils très puissants, des robots de trading. Là où un humain traite un ordre, un robot peut en traiter 100 fois plus. Répondre aux besoins des acteurs pratiquants le trading haute fréquence est d’une importance stratégique pour les opérateurs boursiers. Leur modèle économique est basé sur une rémunération pour chaque ordre traité. Plus les volumes sont importants et plus leur chiffre d’affaires augmente. Mais les traders « haute fréquence » sont exigeants et leur préoccupation essentielle est la rapidité d’affichage des prix et de traitement d’un ordre.

Un tiers des transactions du Footsie traité par la concurrence

L’entrée en vigueur de la directive MIF (Marché des Instruments Financiers) en novembre 2007 a entrainé l’apparition d’opérateurs boursiers alternatifs, disposant de plates-formes technologiques récentes et très performantes. Avec des politiques tarifaires très agressives, ils ont conquis des parts de marché plus que significative. Ainsi, Chi-X, filiale du courtier japonais Nomura, Turquoise, détenue par un pool de grandes banques dont BNP Paribas, Morgan Stanley ou Goldman Sachs, et Bats trading représentent désormais plus de 30% des transactions sur l’indice Footsie. Une véritable hémorragie pour le LSE qui se doit de réagir. Une première réponse a été la mise en place d’une nouvelle grille tarifaire depuis le 1er septembre.

Une gifle pour Microsoft

La seconde réponse tient dans le rachat de MilleniumIT, dont la technologie est basée sur un noyau Linux. Un véritable camouflet pour Microsoft qui avait fourni les différentes briques technologiques de Tradelect, la plate-forme de trading du LSE, mise en service en juillet 2007, pour un coût total estimé de 40 millions de Livres. Deux ans d’existence pour un tel système est une aberration d’un point de vue économique. Et pourtant, Tradelect a du faire face à deux pannes majeures, dont une, le 8 septembre 2008, ayant empêché toute cotation pendant sept heures, un comble pour une Bourse ! Au-delà de ces défaillances fonctionnelles, Tradelect n’a jamais pu souffrir la comparaison en termes de performances pures par rapport à d’autres systèmes, basés sur un système d’exploitation Linux et équipant des concurrent du LSE comme Nyse Euronext ou encore Chi-X.

IBM gagne Deutsche Borse

La compétition technologique va désormais s’intensifier. D’autres opérateurs boursiers ont également annoncé des investissements pour gagner en rapidité. Ainsi, fin août, Deutsche Borse sélectionnait WebSphere MQ Low Latency Messaging, la messagerie très hautes performances d’IBM, composante clé d’un système de cotation boursier, en charge de router les ordres avec des fréquences de traitement de plusieurs millions de messages à la seconde. Chi-X, dont le système est jugé très performant, vient lui aussi d’annoncer la signature avec IBM d’un contrat portant sur sa messagerie très hautes performances. C’est bien la technologie qui tient désormais les cordons de la Bourse.

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